L' auteur du rapport sur la laïcité: un représentant du Vatican,G Delfau sénateur PRG réagit.
Laïcité . L’auteur du rapport sur les liens entre l’État et les cultes remis en 2006 à Sarkozy est l’un des représentants du Vatican au Conseil de l’Europe.
En septembre 2006, le rapport Machelon sur les relations des cultes avec les pouvoirs publics,
commandé par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, proposait de bouleverser les équilibres
de la loi de séparation des Églises et de l’État en autorisant les collectivités à subventionner
directement les lieux de culte.
Controversée, cette commission ne le fut pas seulement par ses conclusions. Le camp laïque
dénonça alors sa composition, la plupart de ses membres n’ayant pas fait mystère de leurs
convictions religieuses. Théologiens, ministres des cultes et représentants de différentes institutions religieuses avaient été appelés en renfort, alors même que les athées et agnostiques étaient tout
simplement écartés du débat sur le devenir de la loi de 1905, pilier de la laïcité.
Le sénateur (PRG) Gérard Delfau avait alors dénoncé « la composition orientée de la commission ».
Comme Jean-Pierre Brard, député (app. PCF) de la Seine-Saint-Denis, qui estimait que cette composition posait « en soi un pro- blème ».
« Cette commission, formée de 16 conseillers d’État, magistrats, universitaires et théologiens connus
pour leurs options religieuses ou leurs opinions favorables au droit local alsacien, a auditionné 45 personnalités, dont 19 religieux de diverses obédiences, 2 personnes appartenant à des sectes et
seulement 2 militants laïques ! Commande orientée, composition orientée ! » s’indignait-il.
Le soupçon d’orientation est d’autant plus fondé que le président de cette commission, Jean-Pierre
Machelon, professeur à l’université Paris-V, directeur d’études à l’École pratique des hautes études,
est aussi depuis plusieurs années, à ses heures perdues, représentant du Vatican à la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI) du Conseil de l’Europe. Une instance dans l
aquelle il siège « comme observateur, sans droit de vote », précise le service de presse de cette
institution.
De quoi faire planer un sérieux doute sur l’impartialité de cette commission, dont les conclusions
pourraient alimenter, dans les mois qui viennent, des décisions politiques pas franchement conformes
au principe de laïcité.
« L’intention de ce gouvernement est clairement d’aller dans le sens d’une révision de la loi de 1905
sous prétexte de modernisation, alerte le philosophe Henri Pena Ruiz. Il s’appuiera donc sur les recommandations de ce rapport qui réimplique le religieux dans la sphère publique. »
Rosa Moussaoui