Le débat sur la laïcité s'invite à la Fête de l'Humanité, sans les radicaux de Gauche

Publié le par PRG

L'Humanité le 14 septembre 2008
La traditionnelle Fête de l’Humanité à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, rentrée politique du Parti communiste français et rendez-vous obligé des personnalités de gauche, accueille ce week-end une opposition en pleine introspection. Les numéros un du PCF Marie-George Buffet, du PS François Hollande, et des Verts Cécile Duflot, ont posé "le premier acte du rassemblement de la gauche". Le débat suscité par "la laïcité positive", de nouveau développé par Nicolas Sarkozy lors de la visite du Pape Benoît XVI, s'est également invitée dimanche à la Fête où militants laïcs et chrétiens de gauche défendent la loi de 1905, mais avec des nuances.

A
près le palais de l’Elysée
, la question de laïcité s’invite dans les allées de la fête de l’Huma. « La laïcité on y est attachés, il ne s'agit pas de réviser la loi de 1905, mais une laïcité qui n'enferme pas la religion", affirme Inès Minin, présidente de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), lors d'un débat organisé par l'Humanité. "Il faut que les gens puissent affirmer leurs croyances dans l'espace public", renchérit Cécile Huyghe, permanente de la JOC en Normandie qui "aime bien la Fête de l'Humanité" et a "préféré discuter samedi avec des jeunes" à La Courneuve, plutôt que d'écouter la messe de Benoît XVI aux Invalides.

L'historien Claude Mazauric, lui, est très inquiet: "il est urgent de mener une bataille contre les tentatives de démantèlement du système de la laïcité". "Il faut faire reculer les mots qui compromettent. La laïcité positive remet en cause la neutralité de l'Etat". Lors d'un débat organisé à son stand, le sénateur PS Jean-Luc Mélenchon condamne "l'instrumentalisation de la religion" et souligne que "la laïcité positive est une invention du pape Benoît XVI". "La foi est une affaire privée, on n'a pas à y entrer", juge-t-il.

Cette rencontre à la Fête de l'Humanité est avant tout le premier acte du rassemblement de la gauche sur des idées et des projets", a affirmé samedi François Hollande. Les numéros un du PS, du PCF Marie-George Buffet et des Verts Cécile Duflot, se sont rencontrés à La Courneuve. Marie-George Buffet a insisté sur la nécessité de construire ce rassemblement autour d'un "projet solide" : "on n'est pas d'accord sur tout" donc "on a besoin de confrontation au sein de la gauche, notamment sur l'Europe" ou sur la "croissance/décroissance". "On est dans une période de travail". Cécile Duflot a, elle estimé, qu'il ne s'agissait pas d'avoir "la nostalgie du passé" et de la défunte gauche plurielle. "On a envie de travailler" ensemble, a-t-elle dit. "Face à la politique de communication de Sarkozy (...) on a une obligation de travailler à ce projet, on a des différences, on discute".

Quant au nom de ce futur rassemblement, "après l'union de la gauche qui a permis la victoire de 1981 et la gauche plurielle de 1997", il "faut inventer, trouver une formule", a affirmé François Hollande pour qui ce rassemblement doit être "durable". Le patron du PS a estimé que, pour construire le rassemblement autour d'un projet commun, "il faut conduire des débats dans le cadre de forums" n'écartant aucun sujet difficile, sinon ce serait "factice". Un premier forum sur la mondialisation regroupant les trois partis ainsi que le MRC (chevènementiste) et le PRG est prévu fin octobre.

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Publié dans article sur le PRG

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