Vers un feu vert définitif du Parlement au plan d'urgence pour les banques

Publié le par PRG

PARIS, 15 octobre 2008 (AFP) - Le Parlement s'apprêtait mercredi, par un vote conforme du Sénat, à donner son feu vert définitif au plan d'urgence de 360 milliards d'euros de soutien aux banques alors que les bourses sont reparties à la baisse face aux craintes de récession économique.

Le "projet de loi de finances rectificative pour le financement de l'économie", déjà adopté mardi soir par les députés, devait être voté en fin d'après-midi ou en début de soirée.

Traduction française du plan élaboré dimanche par les 15 pays de la zone euro face à la crise financière et présenté dès le lendemain lors d'un Conseil des ministres extraordinaire, le gouvernement a tout fait pour qu'il soit adopté pour le Conseil européen des 15 et 16 octobre.

Ce sommet de deux jours est justement destiné à élargir aux 27 le plan d'aide aux banques décidé par la zone euro et tirer les premières leçons de la crise financière.

Le plan français prévoit que l'Etat accorde une garantie "payante" des prêts interbancaires à hauteur de 320 milliards d'euros et consacre jusqu'à 40 milliards d'euros à la recapitalisation des banques en difficultés.

Au Sénat, la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a qualifié la crise financière internationale de "crise des excès", "excès de spéculation", "de crédits aux Etats-Unis".

"A tous ces excès, il fallait s'opposer et réagir avec vigueur", a-t-elle plaidé. "Quand l'irrationnel prend racine au coeur du système financier, c'est toute l'économie qui s'arrête de fonctionner", a-t-elle insisté.

Le plan d'urgence "historique" permettra de "relancer le refinancement du système financier", grâce à la création d'une "société de refinancement dont l'Etat détiendra 34 % du capital" et présidée par l'ancien directeur général du FMI, Michel Camdessus, a-t-elle expliqué.

Cette société permettra d'emprunter des fonds avec la garantie de l'Etat pour ensuite reprêter ces sommes aux banques en manque de financement, à un taux plus élevé.

L'appel à l'unité nationale lancé par le Premier ministre François Fillon sur ce plan a toutefois été rejeté. Comme à l'Assemblée, seuls les sénateurs de la majorité UMP et centriste devaient l'approuver, le PS ayant décidé de s'abstenir et le PCF de voter contre. Le PRG a toutefois appelé à voter pour.

Le président PS de la commission des Finances de l'Assemblée, Didier Migaud, a estimé mercredi que "la réponse reste partielle et insuffisante" car la crise "n'est pas seulement financière, donc la réponse ne peut pas être seulement bancaire".

"L'urgence est financière mais la crise économique est désormais ouverte et nous allons vers la récession, notre pays traverse une importante crise sociale et vous ne changez rien à vos choix", s'est indignée la sénatrice PS Nicole Bricq.

Le sénateur PCF Bernard Vera a refusé "de donner un chèque en blanc à ceux qui ont créé la crise".

Si les mesures du groupe euro ont permis un certaine accalmie sur les marchés, elles pourraient montrer leurs limites rapidement face au spectre de la récession qui plane sur le continent européen. Les Bourses européennes sont à nouveau passées dans le rouge mercredi.

Les prévisions de croissance 2009 dépendront de la rapidité de mise en oeuvre par les pays développés des plans visant à juguler la crise, a estimé à Bruxelles M. Fillon, à l'issue d'une rencontre avec les syndicats européens.

"On est concentré sur l'arrêt de l'incendie du système financier", a-t-il ajouté.

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Publié dans dépêche sur le PRG

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