Rarement projet de loi aura été adopté avec une telle célérité

Publié le par PRG

Le Monde le 15 octobre 2008
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arement projet de loi aura été adopté avec une telle célérité. Présenté lundi 13 octobre en conseil des ministres, voté mardi à l'Assemblée nationale, transmis mercredi au Sénat pour adoption définitive avant le Conseil européen des 15 et 16 octobre, le projet de loi de finances rectificative offrant au secteur financier une garantie de l'Etat jusqu'à hauteur de 360 milliards d'euros a été traité en urgence absolue.

Les députés l'ont adopté, dans la soirée de mardi, par 224 voix (UMP, Nouveau Centre et PRG, ainsi que 4 non-inscrits parmi lesquels François Bayrou) contre 23 (PCF et 3 membres du groupe socialiste et radical). Le PS et les Verts se sont abstenus.

"Présentation, approbation" : l'heure n'était pas à la discussion, mardi matin, dans les rangs du groupe majoritaire, qui a ostensiblement manifesté son soutien à la ministre de l'économie, Christine Lagarde, récemment critiquée. "Elle a fait le job", indique un responsable du groupe UMP, qui a décidé de se ranger sans la moindre retenue derrière l'exécutif.

 

"EXCEPTIONNEL"

 

Son président, Jean-François Copé, a donné le ton, vantant dès qu'un micro lui est tendu le "sang-froid" et la "maîtrise" de Nicolas Sarkozy, dont il dit "simplement" qu'il se montre "absolument exceptionnel".

Sortis de l'antre réconfortant de la salle Colbert, où ils se réunissent, les députés de l'UMP laissent cependant entrevoir un soupçon d'anxiété. "L'inquiétude est lourde. reconnaît Benoist Apparu (Marne). Il y a une demande d'Etat très forte et, parallèlement, des critiques sur la gesticulation politique. J'espère que ce qui s'est passé ce week-end aura fait basculer ce sentiment."

Pour les élus de la majorité, le maître mot est désormais la "pédagogie". "La trouille que l'on a tous, poursuit M. Apparu, c'est quand nos agriculteurs ou les ouvriers de l'usine qui licencie vont venir nous trouver en disant : "Vous avez bien trouvé 360 milliards pour les banques, maintenant qu'est-ce que vous faites pour nous ?". Il va falloir que l'on gère cette incompréhension."

"Ce qu'on voit arriver, maintenant, c'est la crise économique, pointe Jacques Domergue (Hérault), et il va falloir un véritable plan de relance de l'activité. Là, pour l'instant, on est sec."

"Il faut expliquer que ces milliards miraculeux ne sont pas une dépense de l'Etat", admet Hervé Mariton (Drôme), regrettant que le plan d'urgence ait été adopté sans la moindre discussion. "Fallait-il, au nom de l'union nationale, s'interdire tout débat de fond ? Est-ce que cela aurait ôté du crédit aux réponses proposées ?", s'interroge-t-il. "Là où Fillon fait très fort, question pédagogie, c'est quand il explique que ce plan pourrait même rapporter au pays, note Lionnel Luca (Alpes-Maritimes). Je ne suis pas sûr que ce soit le meilleur argument !"

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Publié dans article sur le PRG

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