Besancenot(LCR), il était « surveillé »
Olivier Besancenot a marqué hier un point devant l'opinion dans la partie serrée qui l'oppose à la société SMP Technologies, qui importe en France le pistolet Taser. Un pistolet à impulsions électriques destiné à immobiliser les délinquants et que son distributeur garantit sans risque létal.
Antoine Di Zazzo, dirigeant de cette société, a été placé hier en garde à vue, en compagnie de neuf autres personnes, dont sept policiers et deux membres de l'agence de détectives privés Dussaucy, dans le cadre d'une enquête judiciaire sur une surveillance illicite dont le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) affirme avoir été victime.
« Policiers véreux ».
Sud Ouest le 15 octobre 2008
Olivier Besancenot, qui avait eu connaissance de cette surveillance par un article paru dans l'hebdomadaire « L'Express », avait déposé une plainte contre X en mai 2008 pour « atteinte à la vie privée, atteinte aux droits des personnes pouvant résulter des fichiers et traitements informatiques et violation du secret professionnel ».
L'article de « L'Express » exposait en effet qu'il existait une note confidentielle mentionnant l'emplacement exact du logement d'Olivier Besancenot et une autre détaillant « au centime près » son compte bancaire. Le parquet avait aussitôt ouvert une enquête préliminaire. Les mises en garde à vue décidées hier en sont donc le premier résultat public.
Hier, interrogé par « Sud Ouest », le leader de l'extrême gauche expliquait, sans nommer les personnes gardées à vue : « Maintenant, n'importe quel barbouzard aidé de policiers véreux peut se permettre d'avoir accès à ces fichiers, à condition d'avoir de l'argent. » Il ajoutait : « C'est scandaleux et révoltant ! »
Olivier Besancenot, qui demande par ailleurs un moratoire contre l'utilisation des Taser par les polices municipales, est en conflit depuis plus d'un an avec la société SMP Technologies et son bouillant patron. Ce dernier avait d'ailleurs déposé plainte pour diffamation à l'encontre du porte-parole de la LCR, qui avait mis en doute l'innocuité du Taser. Olivier Besancenot comparaîtra justement dans cette affaire lundi prochain à Paris.
Aubry contre le Taser.
Le leader trotskiste ne se sent pas seul dans sa lutte contre la distribution de cette arme. Ainsi, SMP Technologies avait récemment menacé Martine Aubry d'une plainte en diffamation parce qu'elle avait cité sur Canal + un rapport faisant état du caractère dangereux et parfois mortel de cette arme.
Olivier Besancenot cite aussi un rapport publié par Amnesty International et rappelle de plus que Jean-Michel Baylet, député PRG de Tarn-et-Garonne, a demandé la constitution d'une commission d'enquête parlementaire à son sujet.
Pour sa part, l'avocate d'Antoine Di Zazzo a assuré que « SMP Technologies n'a jamais eu le moindre intérêt à commanditer un rapport concernant M. Besancenot ou quelqu'un d'autre. Avec tout ce bruit fait autour de cette affaire, le porte-parole de la LCR qui va se transformer cette année en NPA (Nouveau Parti anticapitaliste) se sentait plus fort pour demander l'abrogation définitive du fichier Edvige, même avec une portée revue récemment à la baisse : "Nous en voyons maintenant les dangers". »
Hier soir, quatre des sept policiers placés en garde à vue avaient été remis en liberté. Selon les premiers éléments de l'enquête, l'un des prévenus est soupçonné d'avoir eu accès à des fichiers policiers. Le versement d'une somme d'argent par SMP Technologies à l'agence Dussaucy, dirigée par un ancien policier, serait aussi avéré.