PS: Royal propose une consultation des militants sur les alliances
REIMS, 15 novembre 2008 (AFP) - Ségolène Royal a proposé samedi à Reims de mettre à l'arbitrage des militants la question cruciale des alliances, brandie comme un obstacle par ses rivaux pour un rassemblement autour de sa motion, plaidant en faveur de cette ouverture pour parvenir à un "nouveau front populaire".
La présidente de Poitou-Charentes a annoncé à la tribune du Congrès socialiste la proposition que s'apprêtait à faire sa motion un peu plus tard lors de la "commission des résolutions" du PS chargée de bâtir une synthèse.
S'adressant directement au maire de Paris Bertrand Delanoë qui avait appelé à un compromis, Mme Royal lui a lancé: "Je ne doute pas de ta sincérité sur la question du refus des alliances avec le centre et je voudrais te répondre devant tous en toute transparence".
"Il y aura une consultation directe de militants sur la question des alliances", a lancé l'ex-candidate à la présidentielle sans citer le nom du parti de François Bayrou.
"Notre position n'a pas changé. Je m'y engage. Le jour venu, c'est vous les militants qui en décideraient", a-t-elle insisté.
"Cette question ne pourra plus servir de prétexte au refus du rassemblement autour de la motion arrivée en tête" (la sienne), a renchéri Mme Royal en direction de M. Delanoë, mais aussi de Martine Aubry, ses deux principaux adversaires pour la tête du parti.
"S'il faut aller chercher les électeurs qui disent ne se situer ni à gauche ni à droite - respectons-les, cela doit être près d'un électeur sur trois -, faut-il nous en priver pour mettre en échec des projets qui portent atteinte à la République elle-même" et qui "méritent un combat de tous les républicains?", a-t-elle demandé.
"Le jour venu, aurons-nous le courage de conduire la plus grande alliance nécessaire pour battre cette droite?", a-t-elle poursuivi.
Et l'ancienne candidate à la présidentielle d'interpeller la salle: "un nouveau front populaire, ça ne vous tente vraiment pas?"
"Faudra-t-il demander à ceux qui nous rejoindront pour participer aux mobilisations démocratiques qui s'imposent et qui s'annoncent, un passeport de moralité socialiste?", a-t-elle demandé.
Elle a énoncé "une liste" non "exhaustive" de ces "mobilisations" citoyennes: fichier Edvige, "mise au pas de la justice", "main basse sur les médias", "mise en cause de la laïcité", selon elle, par Nicolas Sarkozy...
Selon un sondage IFOP pour Ouest-france Dimanche, 47% des Français préconisent une alliance des socialistes avec le parti de François Bayrou. Soit 16 points de plus que ceux qui préfèrent les autres partis de gauche et 17% voulant un rapprochement avec la LCR d'Olivier Besancenot.
Les sympathisants socialistes sont plus partagés: 39% privilégient un accord avec la gauche. 38% optent pour le MoDem, 19% choisissent la LCR.