Fabius marque son "accord" avec Delanoë et Hamon sur les alliances
REIMS, 15 novembre 2008 (AFP) - Laurent Fabius a marqué samedi son "accord" avec Bertrand Delanoë et Benoît Hamon, nommément cités, sur "l'ancrage à gauche" et le refus des alliances avec le centre car le choix des alliances donne ou non "sa crédibilité" à une ligne politique.
"Un congrès est fait pour choisir une ligne politique. Une ligne politique est inséparable des alliances parce que ce sont elles qui donnent ou retirent sa crédibilité à une ligne politique", a déclaré l'ancien Premier ministre à la tribune du Congrès de Reims.
"Je veux être clair: j'ai entendu Bertrand Delanoë, j'ai lu la motion de Benoît Hamon, et sur ce point je veux dire notre propre plein accord: nous devons affirmer notre ancrage à gauche et dire explicitement que nous refusons toute alliance avec le centre", a ajouté Laurent Fabius, déclenchant à ce moment un tonnerre d'applaudissements.
Selon le député de Seine-Maritime, "il y un point sur lequel les congrès socialistes n'ont jamais transigé, c'est la nécessité de l'ancrage à gauche et ce point n'est pas discutable entre nous". "C'est notre conviction profonde et c'est la seule stratégie gagnante", a-t-il ajouté.
Parlant de la crise financière et économique, M. Fabius a affirmé que les socialistes sont "à cent lieues de l'analyse du Président de la République, nous sommes très éloignés de ce que (pense) le MoDem, nous participons, même s'il y a des nuances (entre nous, ndlr), à l'analyse sociale-démocrate" selon laquelle "c'est bien la répartition injuste des richesses qui est à l'origine de la crise".
Dessinant implicitement, tout au long d'un discours de 15 minutes environ, le contenu de la synthèse à opérer entre les motions Aubry, Delanoë et Hamon, M. Fabius a enfin estimé que la présidence de Nicolas Sarkozy n'était "pas seulement une hyperprésidence mais une autocratie, un gouvernement du président, par le président, pour le président".