Le PS s'est effondré idéologiquement, il n'est plus producteur d'un contre-modèle

Publié le par PRG

AFP - Mardi 5 août Paris
Après une année de "réformes" tous azimuts, la droite Nicolas Sarkozy et François Filon en tête, affirme avoir remporté la "bataille" des idées et veut pousser son avantage, profitant des flottements d'un Parti socialiste en mal de ligne politique.
La droite "a gagné la bataille idéologique", martelait fin juin le Premier ministre, avant de revendiquer "une révolution tranquille".

Lui emboîtant le pas, le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, citait la semaine dernière, au nombre de victoires jugées "énormes", "l'immigration choisie" ou le service minimum à l'école: autant de projets controversés dont l'adoption n'a finalement pas rencontré d'obstacles majeurs.

A sa manière, le chef de l'Etat a lui aussi exprimé cet état d'esprit. "Désormais, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit", avait-il clamé en juillet, au grand dam des syndicats.

Au PS , on reconnaît sans peine l'avantage pris par l'adversaire. "Sarkozy a réussi à installer l'idée que lui, c'est la réforme, et nous, le surplace", admet le porte-parole Julien Dray, interrogé par l'AFP.

"C'est la première fois qu'on a affaire à une droite qui est conquérante sur le plan idéologique, qui essaie de substituer ses valeurs à des valeurs qui préexistaient", insiste le sénateur Jean-Luc Mélenchon.

Dans sa marche sur l'Elysée, Nicolas Sarkozy avait d'ailleurs choisi très tôt de mener le combat sur le terrain des idées, enrôlant pour l'occasion une référence inattendue: l'Italien Antonio Gramsci, théoricien marxiste de "l'hégémonie culturelle".

Cet ascendant est d'autant plus sensible que, miné par ses querelles et absorbé par ses manoeuvres d'avant-Congrès, le Parti socialiste est difficilement audible.

"La gauche est toujours sur la défensive", regrette Julien Dray.

Figure de la gauche du PS, Jean-Luc Mélenchon va plus loin: "la gauche s'est effondrée idéologiquement, elle n'est plus productrice d'un contre-modèle".

Alors que la plupart des ténors du parti assument leur "réformisme", "le réarmement idéologique de la gauche" passe, selon lui, "par le fait qu'elle renoue avec son affrontement au capitalisme".

Pour le gouvernement et la majorité cependant, la partie ne paraît pas gagnée pour autant, quelques mois après une défaite au municipales en forme de sérieux avertissement.

La cote du président reste basse dans les sondages, même s'il progresse de quatre points, à 40%, d'après une enquête CSA pour le Parisien/Aujourd'hui en France publiée samedi.

Surtout, analyse Jean-Daniel Lévy (CSA), l'opinion n'a pas basculé à droite. "Les Français se sentent plus proches des formations de gauche en termes de valeurs: ils penchent nettement plus vers l'égalité et l'Etat que vers la liberté et le marché".

Un constat qui, à ses yeux, met en lumière le "déficit de projet" de la gauche autant que "l'intelligence tactique" d'un exécutif invoquant volontiers l'exigence d'"égalité" (retraites, service minimum).

Fort de sa première année, le gouvernement veut en tout cas amplifier le mouvement dès la rentrée.

"A la fin de l'année, on peut dire qu'on aura fait l'essentiel des grandes réformes structurelles promises pendant la campagne", avant d'engager "un nouveau cycle" avec notamment "la refonte des structures territoriales", confiait François Fillon mardi dans le Figaro.

S'il avoue une satisfaction, c'est encore de "réformer franchement et sans s'excuser".

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