La gauche, PRG excepté, refuse de voter le plan Sarkozy pour les banques

Publié le par PRG

PARIS, 14 octobre 2008 (AFP) - L'Assemblée devait voter mardi dans la soirée le projet de loi sur le plan d'urgence de 360 milliards d'euros de soutien aux banques, qui sera adopté grâce aux voix de la majorité UMP-NC, PS et Verts ayant décidé de s'abstenir, les communistes votant contre.

Le patron des radicaux de gauche, Jean-Michel Baylet, a appelé quant à lui les parlementaires PRG à voter oui. La séance devait reprendre à 21H30 après avoir été levée peu après 20H00, après une longue discussion générale. Le vote était initialement prévu pour 20H00.

Le Premier ministre François Fillon a assuré que le gouvernement gèrerait "au mieux des intérêts du contribuable", soulignant que la garantie de l'Etat serait payante et "temporaire", et appelant une nouvelle fois à un consensus.

La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a qualifié d'"historique" ce plan, qui n'aura "aucune incidence directe sur le budget" selon son collègue Eric Woerth (Budget).

Mme Lagarde a résumé l'esprit du plan, décliné dans les 15 pays de la zone euro et en Grande-Bretagne et salué depuis lundi par une remontée des bourses: "soutenir l'économie par le financement des établissements de crédit".

"Le contribuable français aura deux protections: nous facturerons la garantie de l'Etat à des conditions commerciales" et "les prêts seront des prêts sur gage", selon la ministre.

"Nous allons créer une société de refinancement" qui "lèvera des fonds sur le marché avec la garantie de l'Etat". Cette société "utilisera ces ressources pour prêter aux banques", a-t-elle rappelé.

De son côté, le président Nicolas Sarkozy a eu mardi un entretien avec son homologue américain George W. Bush, qui le recevra samedi, en compagnie du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, dans sa résidence présidentielle de Camp David (Maryland, est).

Dans la matinée, M. Sarkozy a présenté le plan d'urgence aux dirigeants des principales banques et compagnies d'assurance françaises.

Le président de la Fédération bancaire française, Georges Pauget, s'est déclaré satisfait. Si aucune banque n'a encore demandé une recapitalisation, les premières garanties devraient selon lui être accordés dans "trois semaines" environ, afin de permettre aux établissements de maintenir "l'offre de crédit".

La FBF a indiqué par ailleurs que les banques françaises se sont engagées à "adopter sans délai" le code de bonne conduite du Medef sur la rémunération des dirigeants.

Le plan d'urgence, examiné lundi en Conseil des ministres extraordinaire, est officiellement appelé "projet de loi de finances rectificative pour le financement de l'économie".

Le texte, qui devrait être définitivement adopté par le Parlement mercredi soir après un vote conforme attendu au Sénat, prévoit une garantie des crédits interbancaires jusqu'à fin 2009 et le recours possible à une recapitalisation pour leur éviter la faillite.

Alors que l'UMP et ses partenaires centristes du NC avaient exhorté lundi l'opposition à le voter, la gauche --hors PRG-- a refusé, estimant les mesures prévues nécessaires mais pas suffisantes.

Si, en commission des Finances, les députés PS ont voté un article clef du projet de loi, ils ont choisi, en réunion de groupe, de s'asbtenir sur l'ensemble du texte, comme les Verts.

Le plan de Nicolas Sarkozy "ne résout qu'une partie des problèmes", a justifié le patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault.

"Ce qu'il est possible de faire pour sauver le système bancaire, il doit être possible de le faire aussi pour sauver les Français de la récession", a-t-il dit.

"L'abstention, c'est pour moi la négation de l'engagement politique", a lancé à la tribune Jean-François Copé, patron des députés UMP. "C'est désolant et consternant". Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, a dénoncé "une décision irresponsable".

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