Les accords de Bretton Woods

PARIS, 25 septembre 2008 (AFP) - Le 22 juillet 1944, la bourgade américaine de Bretton Woods (New Hampshire) donne son nom à une charte qui prépare le nouvel ordre économique mondial de l'après-guerre, alors que les combats font encore rage en Normandie.

Réunis pendant trois semaines, à l'initiative des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, la Conférence Monétaire et Financière Internationale des Nations-Unies consacre le leadership américain, la suprématie du dollar-roi, et institue un système de parités fixes par rapport à l'or.

Les représentants de 44 pays ou gouvernements en exil tentent ainsi de mettre un terme à l'instabilité des changes "susceptible de conduire à une guerre économique et de mettre en danger la paix mondiale".

L'étalon-dollar est défini par 1/35 d'once, soit un peu plus de 888 milligrammes d'or fin, et chaque banque centrale doit maintenir le cours de sa monnaie à l'intérieur de marges étroites (1 pc) autour de la parité officielle.

La Conférence décide également de créer le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD), surnommée Banque mondiale. L'URSS, pays participant, refuse d'y adhérer.

Des amendements viendront modifier la charte et l'esprit de Bretton Woods. Le 3 octobre 1969, un premier amendement permet la création de Droits de tirage spéciaux (DTS), panier de devises fortes qui est la nouvelle unité de compte du FMI et de la Banque, et le nouvel instrument de paiement visant à remplacer l'or. Le FMI créé ainsi sa monnaie, ce qui lui avait été refusé à sa création.

Le 15 août 1971, le président américain Richard Nixon rompt le lien entre l'or et le dollar et fait flotter le billet vert, mettant ainsi fin à deux des principes fondateurs de Bretton Woods. Le système des taux de change fixe s'écroule définitivement en mars 1973. Le 8 janvier 1976, les accords de Kingston (Jamaïque) confirment officiellement l'abandon du rôle légal international de l'or.