Européennes: Sarkozy appelle les Français à "aller voter"

Publié le par PRG

AP le 4 Juin

A trois jours des élections européennes, les partis devaient tenir jeudi leurs derniers grands meetings et lancer leurs ultimes appels à la mobilisation pour éviter un record d'abstention dimanche et convaincre les indécis.

En déplacement à Bordeaux, le président Nicolas Sarkozy a appelé les Français à "aller voter" pour "défendre" leurs convictions. "Il faut que chacun comprenne que l'Europe est quelque chose de très important pour la vie quotidienne des Français, que la France joue un rôle de premier plan en Europe, que l'Europe doit changer, que l'Europe doit protéger", a déclaré le chef de l'Etat aux journalistes en marge de son discours devant le 39e congrès de la Mutualité française.

"Mais si l'on veut que l'Europe ressemble à ce que nous, les Français, nous souhaitons qu'elle soit, il faut que chacun donne son opinion sur l'Europe", a ajouté M. Sarkozy. Le chef de l'Etat intervenait pour la quatrième fois dans la campagne, après son discours de Nîmes le 5 mai, son meeting avec Angela Merkel à Berlin cinq jours plus tard, et la tribune commune publiée le week-end dernier dans deux journaux français et allemand.

Les sondages laissent présager une abstention-record dimanche, estimée entre 58% et 63% par les instituts de sondage.

Malgré ce record annoncé, M. Sarkozy s'est dit "pas inquiet pour l'élection européenne". Les listes de la majorité restent il est vrai solidement accrochées en tête des sondages. Elles recueillent 27% des intentions de vote, devançant de sept points les listes PS (20%), selon un sondage TNS Sofres publié jeudi.

L'autre enseignement de ce sondage est la percée des listes Europe Ecologie de Daniel Cohn-Bendit, désormais en troisième position avec 13,5% d'intentions de vote, devant le MoDem (11%). Alors que François Bayrou bénéficiait jusque-là de son offensive anti-Sarkozy, le rassemblement écologiste et sa campagne plus européenne que nationale semble désormais en situation de créer la surprise dimanche.

Réagissant à ce sondage, François Bayrou a accusé le pouvoir d'orchestrer une "manipulation de l'opinion" en créant "des mouvements qui n'existent pas". "Il y a une organisation des sondages, avec des marchés permettant aux instituts de vivre, passés par des proches du pouvoir qui sont les grands organisateurs de tout cela", a déclaré le président du MoDem sur France-Inter. En meeting mercredi soir à Paris, il a "donné rendez-vous la semaine prochaine pour une explication" sur ces "manipulations".

Ces sondages sont à prendre avec prudence, car les intentions de vote sont loin d'être stabilisées, principalement à gauche entre le PS, Europe Ecologie et le MoDem: 47% des électeurs potentiels d'Europe Ecologie et 43% de ceux du MoDem déclarent pouvoir changer d'avis d'ici au vote. "On fera campagne jusqu'au bout. On ne se satisfait pas des sondages", confiait mercredi soir la secrétaire nationale des Verts Cécile Duflot.

La compétition est tout aussi féroce pour le leadership sur la gauche radicale entre le Front de gauche Buffet-Mélenchon, crédité de 6,5%, et le NPA d'Olivier Besancenot, 5,5%.

Jeudi soir, la plupart des partis devaient tenir leurs derniers grands meetings de campagne: l'UMP, le Front national, Libertas et le Front de gauche à Paris, le NPA à Montreuil (Seine-saint-Denis), le MoDem à Strasbourg et le PS à Lille, dans la ville de Martine Aubry. Un débat télévisé, le seul de la campagne, réunira parallèlement sur France-2 les principaux chefs de partis.

Dans un entretien à "Libération", la Première secrétaire du PS anticipe un score moyen dimanche. "Bien sûr, je souhaite le plus haut score possible pour nos listes et je me bats pour cela. Mais quoi qu'il arrive, je continuerai à avancer", prévient Mme Aubry. Pour elle, "l'enjeu" est de préparer le projet socialiste pour la présidentielle de 2012 et de "réunir la gauche".

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