Européennes : "D-Day de l'écologie politique" et nouveau "21-avril" pour le PS

Publié le par PRG

Le Nouvel Obs 8 Juin 2009

35 000 voix seulement séparent les Verts et le PS au niveau national. Symbole de sa débâcle, le Parti socialiste arrive en troisième position à Paris, très loin derrière l'UMP et Europe Ecologie. L'UMP arrive en tête du scrutin.

Les Verts d'Europe Ecologie emmenés par Daniel Cohn-Bendit ont créé la surprise dimanche en France, se classant en troisième position lors des élections européennes, derrière l'UMP et près du PS.

L'UMP et Europe-Ecologie sont les grands gagnants des élections européennes de dimanche, alors que le PS -mais aussi le MoDem- a subi une bérézina en étant rattrapé par les listes de Daniel Cohn-Bendit, le tout sur fond d'abstention record -près de 60%- pour ce type de scrutin.
Selon la totalisation finale du ministère de l'Intérieur à 3h45, les listes UMP-NC du président Nicolas Sarkozy recueillent 27,87%, soit 11 points de plus que le PS (16,48%), qui ne comptait plus qu'un peu moins de 35.000 voix d'avance sur les Verts (16,28%).
Symbole de sa débâcle, le PS se classe troisième à Paris (14,7%), très loin derrière l'UMP (29,9%) et Europe Ecologie (27,5%), un an après la confortable réélection du maire Bertrand Delanoë.
Le rapport UMP-PS représente le pendant quasi exact du scrutin de 2004 quand le PS avait nettement devancé la droite.
C'est la première fois -hors cohabitation- depuis 1979, que le parti au pouvoir arrive en tête d'une élection intermédiaire, face il est vrai à une opposition dispersée.


Pire que prévu
Selon les résultats des départements métropolitains, le PS n'arrivait en tête que dans l'Ariège, le Pas-de-Calais et les Landes.
Ne profitant pas du contexte de crise et de hausse continue du chômage, les socialistes font un résultat pire que prévu par tous les sondages. Figure de proue d'Europe-Ecologie, Daniel Cohn-Bendit a salué une "aventure extraordinaire" et proposé une alliance anti-Barroso au MoDem et au PS. "Le 7 juin restera le D-Day de l'écologie politique", a lancé Daniel Cohn-Bendit, acclamé par les centaines de militants survoltés, souvent incrédules, réunis à la Bellevilloise, un lieu branché parisien. "Cette histoire d'amour peut continuer si tout le monde prend ses responsabilités", a-t-il ajouté.
Le PS a été devancé par Europe-Ecologie dans de nombreuses grandes villes (Bordeaux, Rennes, Rouen, Aix-en-Provence, Perpignan, Toulon, Nantes).


"Home"
Plusieurs responsables, au MoDem et au FN, ont mis en cause la large diffusion à deux jours du scrutin du documentaire alarmiste sur l'environnement "Home".
Autre grand perdant: le MoDem n'obtient que 8,47% loin des ambitions de François Bayrou. Un revers personnel pour lui, après une campagne violemment anti-Sarkozy. Il a pris "sa part de responsabilité".
"C'est la sanction d'une opposition hystérique et obsessionnelle. Le vote sanction a été sanctionné", a lancé le patron de l'UMP Xavier Bertrand. "Le référendum anti-Sarkozy a échoué", a renchéri le porte-parole du gouvernement Luc Chatel.
Après le quatuor de tête, viennent le Front national (6,34%) et le tout jeune Front de gauche (PCF et Parti de gauche, 6,03%) quasiment à égalité avec l'extrême gauche, tous mouvements confondus (6,09%).
Jean-Michel Baylet, président du PRG, s'est étonné que la majorité "crie victoire alors que moins d'un électeur sur trois lui a apporté son suffrage".
Le total droite (UMP-NC, Libertas, Debout la République) réunit quelque 35% des voix, la gauche (PS, Europe Ecologie, Front de gauche) plus de 39%.


Déchirures
Six mois après le désastreux congrès de Reims, le PS a mis sa défaite sur le compte de ses déchirures, Vincent Peillon jugeant qu'il "paie ses divisions".
"Je prends toute la mesure de la responsabilité du PS", a réagi la patronne du parti, Martine Aubry. Selon elle, "le PS a surtout besoin d'une profonde rénovation" et "du rassemblement de la gauche".
Aurélie Filippetti, proche de Ségolène Royal, a été plus dure, parlant de "tsunami politique" et de "réplique du 21 avril 2002". Selon elle, le PS pourrait "disparaître" s'il ne réagit pas.
Après l'élection attendue des ministres Michel Barnier (Agriculture) et Rachida Dati (Justice) et celle, inattendue, de Brice Hortefeux (Travail), Nicolas Sarkozy va devoir procéder à un remaniement.


Politique du gouvernement
Selon une source gouvernementale, il va "prendre son temps" après ce qu'il considère comme un succès. Nicolas Sarkozy devrait toutefois s'exprimer cette semaine pour "remettre en perspective la politique du gouvernement" après le scrutin, selon une source proche du gouvernement.
En Ile-de-France, le porte-parole du PS Benoît Hamon est battu. Sont en revanche élus Marielle de Sarnez (MoDem, IDF), Catherine Trautmann (PS, Est), Marine Le Pen (FN, Nord ouest), Corinne Lepage (MoDem, Nord ouest), Philippe de Villiers (Libertas, Ouest).
Les Français ont élu leurs 72 députés européens pour cinq ans. L'UMP devrait en avoir 29, le PS et les écologistes 14 chacun et le MoDem 6, selon les projections. Le FN n'en aura plus que 3. (nouvelobs.com)

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