Hésitant, Kouchner votera finalement UMP le 7 juin

Publié le par PRG

Le Figaro le 11 Mai 2009
Samuel Potier

Le
ministre des Affaires étrangères avait d'abord avoué samedi ne pas savoir quelle liste soutenir aux européennes. Alors que le PS se moquait d'«un concessionnaire qui hésiterait à vous accompagner dans la voiture qu'il vous vend», Kouchner a tranché lundi : il votera pour Michel Barnier.

Bernard Kouchner veut clore la polémique. Domicilié en Ile-de-France, il votera pour la tête de liste UMP de cette circonscription aux élections européennes du 7 juin. Le patron de la diplomatie française a annoncé son choix de soutenir Michel Barnier et Rachida Dati dans un communiqué lundi, alors qu'il se trouve à New York pour une session ministérielle du Conseil de sécurité sur le Proche-Orient, avant un déplacement à Washington pour des entretiens sur l'Afghanistan et le Pakistan.

Ses oreilles avaient dû siffler dans l'avion, la polémique ayant enflé en France après qu'il a avoué ne pas savoir pour quelle liste il votera au scrutin européen du 7 juin. «J'attends de voir les programmes !», avait en effet répondu l'intéressé dans Le Parisien de samedi.

Elus de droite et de gauche n'avaient eux pas attendu pour soutenir ou brocarder Bernard Kouchner. Ce sont d'abord les ex-camarades socialistes du ministre des Affaires étrangères qui ironisent sur «un concessionnaire qui hésiterait à vous accompagner dans la voiture qu'il vous vend». Selon l'eurodéputé Harlem Désir, tête de liste PS en Ile-de-France aux Européennes , le «doute» qu'il exprime est «un cinglant désaveu pour la politique européenne de Nicolas Sarkozy et de l'UMP». «C'est assez emblématique de voir que le ministre des Affaires étrangères, qui doit avoir quand même un droit de regard sur la politique européenne, n'a pas même envie de voter pour le programme de M. Barnier et de Mme Dati», a renchéri lundi le porte-parole du PS Benoît Hamon.

 

Lefebvre : «Les doutes de Kouchner, un cinglant désaveu du PS»

 

Réplique ferme et immédiate de son homologue de l'UMP, Frédéric Lefebvre : «Les doutes de Bernard Kouchner sont au contraire un cinglant désaveu du Parti socialiste de la part d'un homme qui n'a voté Sarkozy ni au premier ni au deuxième tour de l'élection présidentielle». Pour le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, l'ancien socialiste, symbole de l'ouverture sarkozienne, «n'hésitera certainement pas» à accorder sa voix au parti majoritaire. Chose faite ce lundi donc.

«Je ne crois pas que le cœur de Bernard Kouchner balance», avait assuré quant à lui Michel Barnier, «puisqu'il a choisi depuis deux ans». «Je lui ai fait porter il y a près de trois jours le projet de la majorité présidentielle. Il retrouve beaucoup d'idées qui sont les siennes», a-t-il affirmé lundi sur Europe 1. «Je m'étonne qu'on s'étonne sur l'effet d'ouverture, c'est bien pour avoir des personnes qui pensent par elles-mêmes et qui ne sont pas des béni-oui-oui», a enfin ajouté Xavier Darcos sur RTL. «On ne leur a pas demandé de se renier complètement».

A l'UMP, certains élus avaient mis en garde le patron du Quai d'Orsay. Alain Juppé avait par exemple estimé dimanche au Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI que le ministre des Affaires étrangères devait voter UMP le 7 juin, compte tenu du «principe fondamental» de «solidarité gouvernementale» qui incombe, selon lui, à chaque membre du gouvernement.

 

Soutien à Nicolas Sarkozy depuis deux ans

 

En route pour les Etats-Unis, Bernard Kouchner avait également publié lundi un premier communiqué dans lequel il affiche son soutien à Nicolas Sarkozy depuis maintenant plus de deux ans, répondant ainsi indirectement à l'eurodéputé Daniel Cohn-Bendit. Ce dernier juge que Bernard Kouchner est «pris au piège» et «dit n'importe quoi sur ce genre de choses», rappelant qu'en 1994, le ministre avait voté pour la liste PRG de Bernard Tapie alors qu'il figurait sur celle de Rocard.

Le ministre des Affaires étrangères affirmait au contraire que «les propositions» du gouvernement «naturellement (l')inspireront». Samedi il s'en était pris à ses «amis de la gauche» en regrettant «qu'ils n'aient pas de réflexe d'unité nationale et qu'ils profitent de chaque occasion pour affirmer qu'avec eux, ce serait obligatoirement mieux. C'est le jeu politique réduit à l'élémentaire, presque enfantin et cela me navre».

Publié dans article sur le PRG

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