Est-ce antirépublicain de boycotter Sarkozy au Congrès ?

Publié le par PRG

Le 17 Juin

Les Verts et le PCF sècheront le discours du Président à Versailles, le PS le débat qui suivra. « Une faute politique », dit l'UMP.


Le 22 juin, le président de la République s'exprimera devant l'Assemblée nationale et le Sénat réunis en Congrès à Versailles. L'une des conséquences de la réforme des institutions votée l'an dernier, qui est partie pour faire autant de bruit que la réforme elle-même. Assister ou pas au discours du chef de l'Etat ? C'est la question qui agite les rangs de l'opposition.

Les hostilités ont été lancées la semaine dernière par les Verts. Interrogé mardi par Libération, le député-maire de Bègles (Gironde), Noël Mamère, refuse de se prêter à ce qu'il qualifie de « mascarade » :

« Nous avions voté contre la réforme des institutions, donc nous nous inscrivons dans une logique. Et malgré cette réforme, nous ne sommes pas entrés dans un régime présidentiel : contrairement au système américain, le président de la République n'est pas responsable devant le Parlement, mais le Premier ministre.

Nous voulons que soit respecté l'esprit de la Ve République, en refusant cette incongruité institutionnelle et politique. »


Sur le même ligne, le PC ne se rendra pas non plus à Versailles, pour ne pas avoir à cautionner « un simulacre de démocratie », selon les termes de Roland Muzeau, porte-parole des députés communistes.

« C'est une faute politique »
De démocratie, il en est effectivement question, pour le député UMP Claude Goasguen. Mais ce serait la bafouer que de ne pas participer au Congrès, même s'il déplore que le débat politique sans vote qui suivra le discours du Président se déroulera sans la présence de celui-ci :

« C'est non seulement antirépublicain, mais c'est une faute politique. Ce Congrès a été décidé, la Constitution s'applique à tout le monde. (...) La République est une et indivisible, et pour le moment elle est encore incarnée par le président de la République. » (Voir la vidéo)

 

 


François Bayrou a lui fait savoir que les élus MoDem seront présents à Versailles, comme les parlementaire du Parti radical de gauche. Le président du PRG, Jean-Michel Baylet, qui avait notamment permis que la réforme des institutions soient votée, a toutefois fait part de son mécontentement concernant le débat :

« Les parlementaires radicaux ne voteront pas la modification du règlement du Congrès [qui fixe les conditions de déroulement du débat, ndlr] dans la mesure où l'organisation retenue confirme, une fois de plus, la volonté des deux partis majoritaires d'étouffer le droit à la différence dans les deux assemblées. »


« Comme à un chien qui passe »
Le PS non plus. Et, sans aller jusqu'au boycott du discours du Président, les socialistes ont décidé en outre de partir au moment du débat, également pour protester contre ses conditions d'organisation, plaide Arnaud Montebourg :

« Nous respectons les institutions, le fait que la Constitution ait été modifiée s'impose à nous. Néanmoins, nous sommes désireux d'émettre un acte formel et solennel de protestation à l'égard du pouvoir, qui nous prive de la possibilité de nous exprimer dans des conditions d'égalité des armes.

Le Président parle une heure ou une heure et demie, c'est sa liberté et sa souveraineté, il est élu au suffrage universel. Mais nous aussi, nous sommes élus au suffrage universel, et nous avons besoin de pouvoir exprimer un autre chemin que nous pourrions montrer à la Nation.

C'est pourquoi le règlement du Congrès nous comprime en nous octroyant dix pauvres petites minutes comme à un chien qui passe. »

 

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