Le casse-tête du temps de parole pour les élections européennes

Publié le par PRG

Le Point le 7 Avril
Le casse-tête du temps de parole pour les élections européennes va bientôt être sur la table des responsables de l'audiovisuel. Pour TF1, LCI, France 2, M6, RTL, Radio France, Europe 1, BFM, I-Télé, Canal+, France 5, Radio Classique... les ennuis vont commencer le 27 avril. Les principaux patrons ont été réunis au siège du CSA le 1er avril afin de se faire expliquer les nouvelles méthodes de calcul. Michel Boyon, le président du CSA, aurait, à cette occasion, promis de ne pas se montrer "trop tatillon".

Néanmoins, télés et radios devront se soumettre à une double comptabilité six semaines avant le scrutin du 7 juin 2009. D'après la nature des propos des personnalités politiques, leur parole sera versée dans un compte "Europe" ou dans un compte "politique générale". Car chacun des compteurs obéit à des règles spécifiques. "On est sur la planète des singes !", soupire l'un de ceux qui devront faire appliquer les règles, chronomètre en main.

Deux sabliers plutôt qu'un

Concernant les propos en relation avec la campagne européenne, la règle de l'équité sera en vigueur. Le CSA a renoncé à l'égalité parfaite entre les listes, principe qui avait été appliqué entre les candidats à la présidentielle. Ici, chaque liste possèdera donc un temps de parole proportionnel à ses résultats lors des élections précédentes, et cette portion évoluera en fonction des sondages d'opinion. Les relevés des temps seront hebdomadaires et devront être adressés chaque lundi matin au CSA. Les responsables des médias doivent se tenir à l'affût des sondages et devront être capables de bouger le curseur de l'UMP, du PS, ou du PCF selon la variation sondagière. Concernant les nouvelles formations politiques - comme le Modem de François Bayrou ou le NPA d'Olivier Besancenot -, le pifomètre, habillé d'arguments scientifiques, est vivement recommandé.

Dès lors qu'une intervention politique n'aura pas de rapport avec le scrutin européen, on reviendra à la règle des trois tiers, dite "principe de préférence". Et dans ce cas, le gouvernement disposera d'une jauge d'un tiers du sablier politique, la majorité UMP et Nouveau Centre un deuxième tiers, le dernier tiers reviendra à l'opposition.

Cohn-Bendit : compté et pas compté

La situation de Daniel Cohn-Bendit est particulièrement intéressante : chaque fois qu'il prendra la parole dans le débat européen, la tête de liste des Verts sera naturellement décompté. Mais dès que ses interventions porteront sur d'autres sujets politiques, alors, il échappera au sablier du CSA. Pourquoi ? Parce que l'eurodéputé Cohn-Bendit a été élu sur une liste allemande. En tant que personnalité politique étrangère, sa parole est libre...

Attention, la chose risque de se compliquer davantage si d'aventure le temps de parole de Nicolas Sarkozy devait être décompté. Dans quinze jours, le Conseil d'État est, en effet, sur le point d'effectuer un renversement de jurisprudence, ainsi que le préconise son "rapporteur public" (ex-commissaire du gouvernement). La question est de savoir si la prise en compte du temps de parole du chef de l'État, réclamée par le Parti socialiste, est rétrospective ou non... Dans le premier cas, c'est infernal ! Pour éviter cet imbroglio, le Conseil d'État pourrait fixer la date de commencement au 1er juillet prochain, de manière à ne pas perturber les décomptes en cours.

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