Ces sujets que les socialistes ont occultés

Publié le par PRG

Les questions des 35 heures, de la présidentialisation du parti et des primaires pour 2012 ont disparu de la campagne.

Ils en parlaient, ils n'en parlent plus. Depuis que les socialistes se sont lancés dans la campagne du congrès de Reims, plusieurs thèmes de débats ont soit disparu des discussions, soit ont prestement été évacués des conversations. Certes, la crise financière a contribué à les effacer, mais pas seulement.

C'est notamment le cas des 35 heures. Il est vrai que le sujet du temps de travail offrait un angle d'attaque idéal à la majorité pour renvoyer le PS à une réforme qu'elle a mis près de dix ans à détricoter. C'est Martine Aubry, la mère de la réduction du temps de travail, qui s'est elle-même chargée d'effacer le sujet dès son entrée en campagne. «Je propose que nous laissions de côté les combats d'arrière-garde sur les 35 heures», expliquait-elle dès la fin juin. Avant de proposer dans son livre Et si on se retrouvait… de passer à une nouvelle étape sur «le temps de travail sur toute la durée de la vie professionnelle».

Après un baroud d'honneur à l'Assemblée nationale lors de l'examen du texte de Xavier Bertrand sur les 35 heures, les socialistes ont finalement rendu les armes. Dans les débats du congrès de Reims, le thème est absent ou alors évoqué de loin, pour vanter le bilan de la gauche. En tout cas, aucun candidat au poste de premier secrétaire ne revendique leur restauration. «Il est plutôt sain que nous n'ayons pas en 2008 des débats de 1997», explique Pierre Moscovici.

Rallié à Bertrand Delanoë, le député du Doubs a longtemps combattu pour que le congrès du PS ne soit pas un congrès de présidentiables. C'était d'ailleurs le sens de sa candidature au poste de premier secrétaire. Sa mise en retrait et la montée en puissance de Bertrand Delanoë, Ségolène Royal et Martine Aubry ont fait disparaître des débats le thème de la présidentialisation. «C'est assez logique, note-t-il. J'ai porté ce thème avec force et défendu cette grille de lecture qui n'était pas fausse. Mais avec un présidentiable dans chacune des grandes motions, cela devenait difficile.»

 

Les alliances très discutées

 

Son ralliement au maire de Paris, Pierre Moscovici l'explique notamment par l'attitude conciliante de celui-ci sur le thème des primaires. Le député du Doubs est favorable à l'organisation d'un tel système pour désigner le candidat à la présidentielle de 2012. Le maire de Paris y est hostile mais, en cas de victoire au congrès de Reims, il a proposé à Moscovici d'organiser une convention sur le sujet pour permettre aux militants de décider. Résultat, là aussi, la question des primaires a disparu des débats.

Parmi les thèmes ayant survécu à la campagne, celui des alliances du PS s'inscrit parmi les plus discutés. Menacés sur leur gauche par Olivier Besancenot et sur leur droite par François Bayrou, les socialistes ne savent plus vers qui se tourner. Côté Ségolène Royal et Bertrand Delanoë, on lorgne plutôt du côté du MoDem. Côté Martine Aubry et Benoît Hamon du côté de l'extrême gauche. Si la crise financière a déplacé le centre de gravité des discussions vers la gauche, les réticences à l'égard d'Olivier Besancenot demeurent toutefois fortes. Même Benoît Hamon, le leader de la motion la plus à gauche, renvoie le leader de la LCR à son absence de programme et de propositions. Et se défend d'incarner  «l'arme anti-Besancenot du PS».

Reste enfin un thème de débat, peut-être le plus central : celui de la gouvernance du PS. Il recouvre l'organisation du parti, ses statuts et des questions annexes comme la meilleure façon de faire respecter le vote des militants. Celui du 6 novembre sur les motions donnera une première indication sur les bonnes résolutions des socialistes à cet égard. Traditionnellement, c'est autour de la motion arrivée en tête que s'organise la nouvelle majorité. Dans toutes les équipes, on ne redoute qu'une chose : que le score soit serré et que les discussions s'enveniment.

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