Bockel: Pour une gauche plus à droite

Publié le par PRG

La crise économique fait vibrer les électrons de gauche qui tournent dans l’orbite du président Nicolas Sarkozy. Naguère encore, leurs anciens camarades socialistes se moquaient de ces «ministres d’ouverture» placés au service du plus libéral des leaders de la droite française. Or, depuis le tsunami financier, Sarkozy ne cesse de prendre des mesures interventionnistes qui sentent sa social-démocratie à plein nez. «C’est la preuve que nous avons fait le bon choix en quittant le PS», s’exclame aujourd’hui Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants, maire de Mulhouse et ci-devant socialiste. Cet Alsacien pur kouglof s’est assigné un but: muscler le bras gauche du sarkozysme. Samedi 29 et dimanche 30 novembre, il ouvrira le Congrès fondateur de son parti, La Gauche moderne, à Suresnes, près de Paris, haut lieu de l’histoire socialiste. Par une erreur de communication, le signataire de ces lignes a été convoqué mercredi soir pour une réunion interne de ce futur parti dans les locaux du Secrétariat d’Etat aux anciens combattants! Occasion est ainsi offerte de discuter avec Jean-Marie Bockel et son conseiller Gilles Casanova qui fut un proche de Jean-Pierre Chevènement, ministre de l’ère Mitterrand. Occasion aussi de sortir un petit scoop: le député européen et ex-vedette du petit écran Jean-Marie Cavada est en train de négocier son rapprochement avec La Gauche moderne.

Pour une gauche plus… a droite !
L’objectif poursuivi par Jean-Marie Bockel? «Réunir tous ceux qui soutiennent l’action du président Sarkozy et partagent les valeurs traditionnelles du socialisme, à savoir la justice sociale, la protection des plus démunis, la réduction des inégalités et la promotion de la solidarité. Tous les ministres d’ouverture seront les bienvenus. D’ailleurs, le haut-commissaire Martin Hirsch (ndlr: qui vient d’imposer le
Revenu de solidarité active) assistera à notre Congrès.» A l’instar d’autres électrons sarkozyens, comme les radicaux de Jean-Louis Borloo, La Gauche moderne, sera-t-elle fédérée à l’UMP? «En aucune manière», souligne Jean-Marie Bockel. «Nous serons indépendants, tout en restant fidèles à la majorité présidentielle.» Alors, La Gauche moderne, combien de régiments? Réponse de Gilles Casanova: «Nous sommes juste en train de naître et comptons quelque 1500 membres répartis dans dix-huit régions ainsi qu’outre-mer.» Sans le dire, mais en le pensant très fort, les dirigeants de cette formation espèrent bien accueillir les futurs déçus du Congrès socialiste de Reims qui commence aujourd’hui. Et Jean-Marie Bockel de placer cette banderille en rappelant qu’il a milité au PS pendant trente-quatre ans: «Ce parti est en train de devenir une SFIO (ndlr: le vieux Parti socialiste d’avant Mitterrand) régionale qui ne constitue plus une alternance crédible à la droite.» Bockel veut donc créer une gauche plus… adroite!

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