Anick Girardin députée PRG de Saint-Pierre et Miquelon:L'extension des fonds marins ouvrirait des perspectives interessantes

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MONTRÉAL, 25 mars 2009 (AFP) - Le Canada a mis en garde la France contre toute tentative d'une extension de ses droits sur le sous-sol marin autour de l'archipel français de Saint-Pierre-et-Miquelon, potentiellement riche en hydrocarbures, se disant mercredi prêt à tout pour défendre sa souveraineté.

La ministre française de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a annoncé mercredi à l'Assemblée nationale que Paris déposerait "avant le 13 mai" une lettre d'intention devant l'ONU "permettant de préserver les droits de la France" sur le plateau continental de Saint-Pierre-et-Miquelon, collectivité territoriale française située dans l'Atlantique Nord, au sud de Terre-Neuve.

L'extension des fonds marins de Saint-Pierre-et-Miquelon ouvrirait des perspectives intéressantes en matière de pêche et d'exploitation d'hydrocarbures, selon la députée PRG (gauche) de l'archipel, Annick Girardin.

Déplorant l'initiative française, le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a déclaré dans la foulée que "le Canada prendra toutes les mesures nécessaires pour défendre et protéger ses droits sur le plateau continental canadien."

"A plusieurs reprises, et tout récemment encore, le Canada a fait part à la France du fait qu'il ne lui reconnaît aucune zone de plateau continental dans l'Atlantique Nord-Ouest au-delà de celle comprise dans la zone délimitée par la sentence arbitrale du 10 juin 1992", a souligné le chef de la diplomatie canadienne.

Un tribunal d'arbitrage international avait délimité en juin 1992 la frontière maritime entre les eaux françaises et canadiennes, attribuant à la France une zone économique exclusive de 12.000 km2 autour des deux îles de l'archipel de quelque 6.000 habitants.

Mais les gisements de pétrole découverts ces dernières années au large de la province canadienne de Terre-Neuve-et-Labrador ont relancé les velléités de Saint-Pierre-et-Miquelon.

Ancien haut-lieu de la pêche à la morue, cet archipel est aujourd'hui très dépendant de l'Etat français.

"Du gaz a été découvert au large de la Nouvelle-Ecosse, du pétrole a été trouvé l'année dernière au large de Terre-Neuve... donc ce n'est pas impossible qu'il y en ait au large de Saint-Pierre-et-Miquelon", a dit à l'AFP Frédéric Lasserre, géographe à l'Université Laval.

Tous les Etats signataires de la convention internationale du droit de la mer ont une période maximum de dix ans suivant la ratification de ce traité établissant les frontières maritimes pour faire valoir leur revendications au niveau des plateaux continentaux.

La France a donc jusqu'au 13 mai 2009, le Canada jusqu'en 2013.

Mais, même si elle entend les griefs, l'ONU ne tranche pas: ce sont les Etats en conflit territoriaux qui doivent négocier entre eux, explique M. Lasserre.

"Souvent, les Etats revendiquent les plateaux continentaux par principe de précaution: on ne sait pas ce qu'on peut trouver, donc pour s'assurer qu'on ne va rien rater, on va revendiquer tout ce que l'on peut", indique-t-il.

Dans le cas de Saint-Pierre-et-Miquelon, la masse continentale de l'archipel est la même que celle de Terre-Neuve, note le géographe, ce qui laisse présager que la revendication française est recevable. Et donc que Paris et Ottawa devront négocier.

Cette initiative ne vise pas justement pas à "déclarer la guerre au Canada, ou même à aller au tribunal" mais à forcer "au dialogue", a déclaré au National Post le sénateur de la collectivité d'outre-mer, Denis Detcheverry.

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